AGENDA CQFD • Toile de bouc
Samedi 30 janvier à partir de 14 h 30, rencontre-projection-
débat-repas autour du film La République Marseille en présence de
Denis Geerbrant, le réalisateur, et
d’Alessi Dell Umbria, auteur du livre
Une Histoire universelle de Marseille
(Agone). Cinéma Le Méliès, 12, rue
Denis-Papin, à Port-de-Bouc.
• Mais où est-il ?
Vendredi
29 janvier à 18 h, à la librairie
Torcatis de Perpignan, Mathieu
Rigouste viendra présenter les
grandes lignes de son bouquin
L’Ennemi intérieur (La Découverte)
à l’invitation du Comité de soutien
aux (toujours) inculpés de Tarnac.
• Technique de survie
Vendredi 5 février à 20h se tiendra
à la Maison des associations de
Grenoble (5, rue Berthe-de-
Boissieux) une rencontre avec
François Jarrige, historien des techniques,
autour de son ouvrage Face
au monstre mécanique, histoire des
résistances à l’industrialisation
(Lhmo Editions,2009). C’est organisé
conjointement par les collègues des
Bas Côtés et ceux de Pièces et Main-d’œuvre.
Et le lendemain, samedi 6, à partir de 14 h, une rencontre-discussion,
toujours avec l’auteur, aux Bas Côtés (59, rue Nicolas-Chorier).
• Gaffe !
Le 18 février a Grenoble,
aux Bas Côtés, 59, rue Nicolas Chorier,
à 20h, il y aura le Gilles Lucas de CQFD
qui va rencontrer lectrices et lecteurs,
curieuses et curieux pour parler publications
et activités erroristes. Veuillez
réserver à l’avance par précaution.
o-OO-o
ÇA BRÛLE ! Chauds, les vœux !
On ne sait pas vous, mais alors ici, l’année démarre sur les chapeaux
de roue ! Les chargeurs sont
pleins, les tourelles pivotantes
graissées, les périscopes baignent
dans l’huile ( ?), on est chauds
bouillants et ça va faire mal ! Ça
s’agite, les réseaux fonctionnent
à plein, les rencontres et les liens
se multiplient. Nous avons fait la
connaissance de Juliette et de ses
belles chroniques judiciaires. Le
copain Raul se radine pour traduire
la conférence qu’Enric Duran, docteur catalan ès escroquerie
bancaire, donne à Marseille le 13 janvier. D’ailleurs,
dans la nuit glaciale, on était huit,
oui, huit !, pour coller les affiches
annonçant son passage. Et sur ce
numéro, ce ne sont pas moins de
deux correctrices, Lole et Clotilde,
la classe, qui ont relu toute cette
prose erroriste. Ne parlons même
pas du réseau de vendeurs à la
criée qu’anime de main de maître
la camarade Caro et du contrebarriseur
Fantazio qui hulule « CQFD ! » sur scène autant de fois
qu’il le peut. On ne voudrait pas
être à la place de ceux d’en face,
ceux qui nous bouffe la vie sur le
râble.Cette année, c’est la bonne !
Tiens, au fait, on est tellement à
bloc qu’il n’est pas impossible que
nous organisions des petits
contrôles inopinés pour vérifier
que tout le monde a bien son historique
et fabuleux Hors-Série
photos. Pour les retardataires,
c’est trop tard pour le dégoter en
kiosque, mais il vous reste le bon
de commande page 15. Adelante !
« Si ce boulot te plaît pas, y a du monde qui attend derrière. » La précarité est une phénoménale source de matière première. En période électorale, ce vivier fragilisé est une aubaine. Bruno Gilles, député-maire du 3e secteur de Marseille, détourne le fichier des vacataires de sa mairie au profit de son candidat.
La lettre est à en-tête : « L’avenir se joue en 2007. Construire ensemble », slogan accolé aux noms de Jean-Claude Gaudin, Renaud Muselier et Bruno Gilles, le signataire de la missive. Expédié en septembre 2006, ce courrier est adressé entre autres à M. F. Surprise et stupeur ! M. F. n’a jamais rencontré Bruno Gilles, député des Bouches-du-Rhône et maire du 3e secteur de Marseille, dont dépendent les 4e et 5e arrondissements. Son seul contact récent avec la mairie a été un (...)
Chapeau, Thierry F. ! Quarante-cinq balais et vingt-deux passés au chômdu. Un gus témoignant une telle aversion pour le chagrin mériterait le prix Farniente de CQFD. « À 65 ans, mon père, qui avait travaillé toute sa vie, s’est retrouvé avec 600 euros de retraite. [...] Sans le vouloir, il ne m’a pas encouragé dans la voie du travail », écrit-il dans son bouquin [2]. Mais voila où le bât blesse : pourquoi ce jean-foutre étale-t-il sa vie de « chômeur professionnel » ? Fièrement, il dévoile son « secret », l’ASS, ou Allocation spécifique de solidarité. « J’imagine que le terme est étranger à beaucoup d’entre vous », s’amuse-t-il. Justement non, t’es mal tombé. L’ASS - 440 euros par mois - ce n’est pas Byzance. Thierry F. explique que c’est suffisant, à condition de vivre chichement. Entendez en étant l’heureux propriétaire d’un appart’ et d’une bagnole. Trente mètres carré à Roanne, ce n’est (...)
« J’ai été menacée de mort par l’OAS en Algérie, et puis j’ai été syndicaliste pendant quarante ans alors c’est pas HMP qui va m’intimider. » HMP, c’est Habitat Marseille Provence, un organisme HLM de Marseille, et celle qui parle ainsi, c’est Suzanne, 78 ans et une gnaque intacte. Depuis quatre ans, cette petite grand-mère au tempérament volcanique les emmerde et la mairie avec, en refusant d’être relogée pour laisser la place à des bureaux. Tous ses voisins sont partis mais Suzanne résiste : « C’est une question de principe. Certes, le Racati c’est mon quartier, j’habite ici depuis vingt-cinq ans, mais j’habiterais le Prado [3] ou on me proposerait d’y aller, ce serait pareil. Des immeubles de bureaux désaffectés, y en a au moins trois dans le quartier et les politiques n’arrêtent pas de dire qu’il n’y a pas assez de logement social. Et en plus, on en supprime ? C’est scandaleux ! J’ai fait du droit, je sais que je suis inexpulsable. » Depuis quatre ans, Suzanne vit donc seule dans une tour de dix étages. L’ascenseur ne fonctionne que pour elle et une femme de ménage entretient son palier et le hall d’entrée. HMP lui a quand même coupé le chauffage central et espère, sans oser l’avouer, avoir la grand-mère à l’usure. Pas question en tout cas de « rendre l’immeuble à l’habitation classique ». Dans le quartier, on soutient Suzanne, on surveille discrètement qu’il ne lui arrive rien de fâcheux, on râle - « tous ces appartements vides encore en bon état » - et timidement, on espère que « l’irréductible » gagnera son combat.
Pas collabos
Le 9 novembre à Marseille, la police renonce à embarquer des sans-papiers sur le ferry pour Alger, les marins CGT s’y opposant. Parmi ces sans-pap’, M. Douibi, papa de la petite Nihad, que les flics viennent visiter le jour même à l’école. Réaction : sept instits sur dix se mettent en grève. Une école voisine débraye. Des parents se rendent avec leurs minots et des enseignants devant la préfecture. Le préfet ne les reçoit pas, il ne fait qu’obéir aux ordres.
Pas collabos bis
Le 11 novembre à Marignane, la police tente la voie des airs pour expulser M. Douibi. Mais, scandalisés par la brutalité des cognes, des passagers refusent d’attacher leurs ceintures et l’avion reste cloué au sol. Des manifestants pénètrent sur le tarmac et se frottent aux forces de l’ordre : huit interpellations. M. Douibi est placé en garde à vue, puis le proc’ capitule, le laissant rejoindre sa famille. C’est l’armistice.
Renseignements générals
Décembre 2005. Les Renseignements Généraux rapportaient que « la France a connu une forme d’insurrection non organisée avec l’émergence dans le temps et l’espace d’une révolte populaire des cités, sans leader - ni caïds, ni intégristes - et sans proposition de programme. » Avril 2006, le directeur des RG est limogé. Octobre 2006, un nouveau rapport affirme que oui, il existe dans les banlieues la possibilité de débordements « non plus spontanés, mais (...)
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