Vous avez remarqué ? Ce coup-ci, personne n’a prophétisé une « rentrée brûlante », comme Bové en août 2003, ou une « rentrée chaude et agitée », comme Besancenot en août 2002. Pourtant, les coups tordus nous pleuvent sur le coin de la gueule et les réactions, trop isolées, ne sont pas à la hauteur. Même les optimistes en CDI sentent qu’il y a de l’eau de boudin dans le gaz social. Alors, ouvrons l’œil : des complices potentiels sont cachés dans le paysage. À (...)
Non, les adhérents d’Attac ne sont pas tous des faux amis. Certains sont même de vrais copains, mais ne le répétez pas à leur bureau national : là-haut ça ne plaisante pas. CQFD en a eu la preuve lors de leur « université d’été », qui se tenait fin août au palais des congrès d’Arles. Un cadre pas très gai, certes, mais approprié à l’abnégation studieuse des participants, acceptant sans broncher d’être privés d’une buvette digne de ce nom (pas d’alcool, excepté un vin bio assez médiocre). Introduits dans la place par Co-errances, notre coopérative de distribution, venue elle-même sur invitation de quelques complices, tendance alter-Attac, nous étions venus tenir une table de presse pour altermondialiser en bonne compagnie, et surtout, soyons francs, pour vendre les canards, bouquins et films de Co-errances. Car si le monde n’est pas une marchandise, il n’en est pas moins vrai que les adhérents d’Attac ont en général un bon (...)
Invité à commenter la phrase désormais culte de Patrick Le Lay
(« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain
disponible »), Yves Bigot, directeur des jeux et des variétés à France 2, en a profité pour faire la promo de sa propre boutique : « Ça a fait marrer tout le monde à France-Télévisions, c’est tellement sincère ! […] En même temps, on voit bien qu’il reste une vraie frontière entre TF1 et le service public. On ne fait pas la même chose. » (Télérama, 11/09). Ou plutôt, on la vend moins cher : Coca-Cola ne paie pas au même tarif la minute de cerveau humain disponible selon qu’elle appartient à Bouygues ou à l’État. Toute la différence est là. Mais c’est surtout en matière de
« sincérité » que le service public a encore du chemin à faire.
Pour preuve, l’entretien accordé par Marc Tessier, président de France Télévisions, au Journal du Dimanche (05/09). À une question hautement impertinente de l’intervieweur - « À quoi rêviez-vous en mai 68 ? » -, l’énarque Tessier répond, avec un « sourire » : « En mai 68, je sortais de Polytechnique. J’étais sous-lieutenant d’active, chef d’une section commandos au camp militaire de Frileuse dans les Yvelines. Mais, de cœur, je rêvais avec les manifestants. » Finalement, « de cœur », c’est encore Patrick Le Lay qu’on préfère.
Mobilisation
Jean-Louis Borloo a tenu compte des critiques du Conseil économique et social (CES) à propos de son plan de « cohésion sociale ». Le CES avait jugé que les contrats d’activité, version « non-marchande » du RMA, donnaient la priorité à « l’activité, aussi modeste soit-elle » au détriment de l’« emploi de qualité ». Du coup, le ministre a promis que les contrats ne s’appelleraient plus « d’activité » mais « de mobilisation vers l’emploi », à moins qu’au final ils ne soient rebaptisés « contrats d’avenir », ce qui est joli aussi. À part ça, c’est toujours la même camelote : 26 à 35 heures de boulot payées en dessous du Smic, destinées aux Rmistes et chômeurs de longue durée, qui devront les accepter avec le sourire, sous peine de « sanctions justes et graduées ». Borloo veut « passer tout de suite à 250 000, voire 300 000 contrats par an », et « en signer 50 000 ou même 100 000 vers Noël ». Cette année, les santons de la crêche porteront l’uniforme du STO.
Boomerang
Les patrons poussent « un cri d’alarme », relayé sans malice par le JT de France 3 (06/09) : les cadres et rats de bureau passent trop de temps à traiter leurs e-mails, notamment à leur retour de vacances. Chaque message supprimé coûterait 40 secondes à l’entreprise, selon des « scientifiques » cités par la chaîne, qui ne précise pas à quelle science il incombe d’effectuer ce genre de calcul. Compte-tenu de la (...)
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« À l’avenir, personne n’aura le droit de vivre aux dépens de la communauté. Quiconque refusera un travail raisonnable devra s’attendre à des sanctions. »
Gerhard Schröder
chancelier allemand, déclaration de politique générale, 14/03/03
« Le demandeur d’emploi [...] sera tenu à la recherche assidue d’un travail et à une participation active au programme de formation. Pour crédibiliser ce dispositif, des sanctions justes et graduées pourront être prononcées. »
François Fillon
présentant les « contrats d’activité » dans le cadre de son Plan de cohésion sociale, 30/06/04
« Il nous faut d’abord faire aimer le travail. »
Jean-Pierre Raffarin
AG du Medef, janvier 2003
« Il faut rétablir la valeur travail. En finir avec des décennies de propagande fallacieuse en faveur du loisir. »
Ernest-Antoine Seillière
président du Medef, 12 /12/02
« Nous devons donner toute sa place au travail. »
François Fillon
01/05/03
« Ceux qui ont besoin (...)