En bidouillant la matière à l’échelle du milliardième de mètre, les nanotechnologies vont permettre l’élaboration de peintures sur lesquelles la saleté n’a pas de prise, de pneus qui durent plus longtemps, de fluides magnétiques intelligents… Le temps est proche où la science nous libérera de toutes les tracasseries de la vie quotidienne. À moins qu’elle ne nous envoie mordre la poussière.
Le 24 mars, Michèle Alliot-Marie a opéré une petite virée à Grenoble pour tenter d’oublier sa mirobolante nullité dans l’affaire du Clémenceau. Destination : Minatec, le futur méga-centre de recherche sur les nanotech’ parrainé par le commissariat à l’énergie atomique (voir CQFD n°29).La visite de la ministre en ce lieu stratégique « aura permis de rappeler ou de révéler les relations existantes entre la Défense nationale et la recherche grenobloise », avançait Le Dauphiné Libéré du lendemain. Des « relations » que ce quotidien aurait sûrement pu « révéler » plus tôt s’il n’appartenait pas au marchand d’armes Dassault… « Notre intérêt pour Minatec illustre l’engagement croissant de la Défense dans la recherche et l’innovation », a insisté MAM. À soixante-huit jours de l’inauguration de ce « pôle d’innovation », il était bon de rappeler « l’engagement » de ses chercheurs dans la production militaire de systèmes de surveillances miniaturisés, de micro-drones, d’obus « intelligents », de nouvelles cuirasses de fantassins… Bref, le matériel des guerres de demain.
Article publié dans CQFD n° 33, avril 2006.