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CQFD N°057


MEETING DU NPA À MARSEILLE

BOULEVARD DE LA RÉVO ?

Mis à jour le :15 juin 2008. Auteur : Marie-Anne Boutoleau.

Marseille a été la première ville à accueillir un forum en vue de constituer le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) désiré par la LCR. Pendant dix heures, des militants venus de tous les horizons de la gauche de gauche se sont mélangés, avec Olivier Besancenot en vedette américaine.

PRÈS L’UMP,C’ESTAUTOURDE LALCR de jouer la carte de l’ouverture à gauche.La première « assemblée constituante locale » – dixit Olivier Besancenot – du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), voulu par la LCR à la suite de son succès électoral aux présidentielles, a donc eu lieu à Marseille le 7 juin 2008. Le but : fonder les bases d’une « gauche décomplexée », comme l’a déclaré le porte-parole de la LCR au journal La Provence, alors que le PS vient de monter en son sein un groupe de réflexion composé d’ex-trotskards et visant à « trouver les moyens efficaces d’empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche ». Une ambition qui ne suscite que moquerie au sein du futur NPA : « En faisant ça, ils nous crédibilisent et ils se mettent minables », remarque un militant cheminot. Selon la Ligue, environ 1500 personnes ont pris part aux débats, assisté au meeting, puis au concert.S yndicalistes, membres de Survie ou d’Alternative libertaire, écologistes, décroissants, vieux barbus ayant fait leurs armes dans les années 70, activistes antisexistes, militants des Collectifs antilibéraux et de la LCR se sont réunis pour définir le meilleur « outil » possible pour contrer l’offensive sarkozyste.En tre deux passages à la buvette, assiégée par les amateurs de bières bio et de pizzas industrielles.

Ici, la LCR a fait en sorte d’être minoritaire dans les comités locaux, histoire de ne pas prêter le flanc à la crainte d’un phagocytage par l’appareil bien rodé du parti. Entre volonté d’en finir avec « l’horizon cogestionnaire  »(pour faire la révolution ?) et stratégie électorale,l’impression qui prédomine cet après-midi est qu’on parle de tout sauf de l’essentiel. « Il y a des gens trop différents, ça va friter » remarque un sympathisant, avant d’ajouter : « Ça veut rassembler trop large et du coup je me demande si ce n’est pas un peu mort dans l’œuf. » Si Besancenot est mis en vedette, c’est juste parce que c’est le plus à même de passer dans les médias : « On n’a pas le choix », précise un jeune militant. Et ses camarades de renchérir : « C’est grâce à Olivier et à ses 5 % à la présidentielle qu’on a la possibilité de rassembler et la légitimité pour le faire. » Car si « Olivier » ne fait pas ici la pluie et le beau temps, rien n’aurait été possible sans lui. À tel point que « s’il mourrait demain, c’est sûr qu’on serait dans la merde »… En tout cas, « Olivier » est très attendu. Une nuée de caméras et de micros se ruent sur lui. Et les sympathisants affluent en masse pour assister au meeting de la « nouvelle star » de la gauche. Effet Drucker ? Un groupe de percussions donne le la et les guide jusqu’à la grande salle.
Les prédécesseurs de Besancenot à la tribune sont très applaudis. Un ouvrier de ST Microelectronics, une entreprise de Rousset qui a mené une grève dure en mars et avril avant de faire plier le patron sur des revendications salariales, et Abdel, venu de la banlieue d’Avignon, rencontrent un franc succès. « Pur produit de l’échec scolaire », comme il le dit lui-même, ce dernier a constitué avec quelques amis, en 2003, l’Alliance des jeunes contre le racisme, l’exclusion et la violence (AJC REV), une association qui fait un travail de soutien scolaire et d’aide à l’insertion auprès des enfants et des adolescents. Face à l’abandon des autorités locales et du PS, qu’ils ont pourtant aidé à porter à la mairie, Abdel et ses camarades prennent part « en tant qu’émeutiers » à la révolte des banlieues de 2005. Une expérience fondatrice, qui a donné naissance à « une génération de jeunes qui va politiser son action, car maintenant il y a une référence commune. C’est une victoire d’avoir pu crier. » Ayant trouvé une oreille attentive auprès de Besancenot et des militants, Abdel espère que le NPA sera l’occasion de prendre part à la politique locale et constituera un tremplin pour enfin obtenir des moyens d’agir. Espérons pour lui que le futur parti sera plus fidèle à ses engagements que la gauche de droite.

Article publié dans CQFD n°57, juin 2008.






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