Nous voilà rassurés. Une obscure commission des questions de désarmement de l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution relative au contrôle des ventes d’armes. Et c’est du sérieux
puisque 139 pays ont déposé leur gri-gri. Sauf un, les États-Unis, mais il n’est que le premier exportateur mondial… La coalition d’ONG initiatrice de ce vote considère, sûrement avec raison, qu’il constitue un premier pas vers une régulation d’un commerce en pleine expansion. Pour la seule année 2005, les dépenses militaires mondiales représentent 1 118 milliards de dollars.
Espérons que cette résolution, ainsi que les suivantes, soient plus efficaces que les mesures précédentes. En France, troisième pays à écouler du matériel de guerre sur la planète, les exportations d’armes sont interdites… sauf autorisation de l’État. L’Europe aussi a son parchemin, intitulé « code de bonne conduite », bloquant théoriquement
les contrats à destination de pays peu enclins au respect des individus. Mais entre 2001 et 2005, aucune licence d’exportation n’a été refusée pour l’Arabie Saoudite. Et si certains contrats vers l’Inde et le Pakistan ont été désavoués, le code ne moufte pas quand l’Hexagone refourgue des sous-marins militaires à Delhi et à Islamabad.
Un embargo serait-il plus respecté ? Celui relatif à la Chine n’a pas empêché les pays européens de livrer pour plus de 240 millions d’euros de matériel militaire à Pékin depuis 2001.
Mais restons optimistes. Le traité d’Ottawa a permis de limiter la production des mines antipersonnel. Vous savez, celles qui ont été remplacées par les armes à sous-munitions…
Article publié dans CQFD n° 39, novembre 2006.