CQFD sur le Web

PASSEZ À LA CAISSE POUR LES CAISSIÈRES !
Début février, les caissières de l’hypermarché Carrefour Grand Littoral, à Marseille, ont fait grève pendant 16 jours. La paie de février a été amputée de moitié. Pour des salariées gagnant environ 1000 euros par mois, c’est dur. Malgré les difficultés, elles sont fières de leur mouvement.
La solidarité peut aider à porter haut ce sentiment.
Les dons sont à envoyer au :
Collectif 13 – Droits des Femmes, 13 bd des Frères Godchot, 13005 Marseille.
Chèques à l’ordre du Collectif – 13 Droits des femmes, indiquer « caissières - Carrefour » au dos.

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68 C’ÉTAIT HIER
« Rue Lepic, on bouffait du riz cantonnais », chantait Jean Merran, cousin nullistique de Léo Ferré et d’Henri Tachan… En tout cas, on peut dire qu’on en bouffe du mai68 ! Le dortoir des filles de Nanterre, le 22 mars, la Sorbonne, l’Odéon, les pavés, CRS=SS…, en veux-tu, en voilà. Paradoxalement, Sarkozy a contribué à braquer les projecteurs sur cette grève générale jusqu’à présent non égalée. Lui qui, avec une contre-révolution de retard, prétendait liquider l’héritage de mai 68, s’est même vu décerner un prix de soixante-huitard- malgré-lui par Dany Cohn-Bendit, tout ça parce que sa situation de famille recomposée n’aurait été possible que grâce à la libéralisation des mœurs issue de 68…, ben voyons ! À vrai dire, on n’en peut plus d’entendre la sempiternelle clique –comme on dit à Pékin– des dépositaires officiels d’un mai taxidermisé parachever sa récupération. Pour un July, un Geismar ou un Weber, combien d’enragés anonymes à envoyer du pavé et de prolos à bloquer l’économie ? On ne dira pas que rien n’a changé, mais finalement pas mal de trucs ont empiré. Alors à quoi bon célébrer la révolte pour l’expurger de tout ce qu’elle a d’urgent ? Et par quel retournement le marketing a-t-il pu s’approprier des slogans qui proclamaient : « L’économie est blessée, qu’elle crève ! », « La société est une plante carnivore » ou encore « À bas la société de consommation » ? Malgré ce constat de lassitude et de saturation, n’hésitez pas, chers lecteurs, à nous faire part de vos témoignages encore émus sur ce printemps quarantenaire, puisque le mois prochain nous aussi on va en parler, en bons erroristes…, après tout le monde !

L’équipe de CQFD



du numéro en vente
 
SOUDAIN, LE SILENCE. Les profs, les patrons, les gouvernants, la publicité, les journaux se sont tus. Les machines, les camions et les trains s’arrêtent. Les autos n’osent plus sortir sous peine de se convertir en matière première des combats contre la police. La radio et la chaîne de télé unique de la RTF restent sans voix. Au diable les moues de BB, les aboiements de Johnny. Vedettes, idoles, gloires nationales se tiennent à carreau.
La droite dénonce le complot. La gauche appelle à ne pas céder aux provocations. L’extrême gauche, les groupuscules trotskystes ou maoïstes, brandissant leurs recettes historiques de prise du pouvoir, courent en vain après un mouvement désobéissant qui leur échappe, les dépasse de toutes parts. Un soulèvement contre tout, le capitalisme et le communisme, les frères ennemis de la guerre froide,qui se fraye la voie dans un panorama opaque, sans possibilité d’utopie, sans nom pour sa rébellion.
 
 
TRIBUNE AU SCALPEL

COLLABO PHOTO

DANS LA FRANCE d’aujourd’hui, il n’est pas fréquent que de vrais scandales éclatent au grand jour. Ce n’est pas que les occasions manquent, mais plutôt que la caisse de résonance –les médias, comme on dit– est étouffée. En voici un pourtant, à propos de l’exposition « Les Parisiens sous l’occupation » à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Les journaux et même certains édiles se sont indignés de ce que les photos d’André Zucca aient été présentées sans qu’il soit précisé que ce photographe travaillait pour l’édition française du magazine de l’armée allemande Signal. D’où des pages entières sur la relation entre histoire et photographie, photographie et réel, et autres joyeusetés. Ce qui permet de ne pas trop parler des photos,qui sont pourtant bien intéressantes. Ce sont des images en couleur, Zucca ayant reçu des Allemands des pellicules Agfacolor. Et ce sont de bonnes photos, ou plus (...)
>>suite>>
 
 
LES IRRÉDUCTIBLES DOCKERS OF USA

LE 1ER MAI 2003, le César du XXIe siècle naissant scénarisait son triomphe sur le pont du porte-avions nucléaire Abraham Lincoln. À quelques encablures de la Californie, Bush célébrait la victoire de ses Légions en Mésopotamie. Une banderole proclamait « Mission accomplie ». Cinq ans plus tard, l’Irak est à feu et à sang et le Néron de la Maison-Blanche regarde l’incendie à la télé en grignotant des bretzels. Au Capitole, faisant fi des promesses électorales de 2006, la majorité démocrate vote les crédits de guerre. Mais une certaine plèbe rechigne à faire de la figuration dans le péplum irakien. Les 25 000 dockers de l’ILWU (International longshore and warehouse union), opposés à la guerre, mettent la pression. Le 1er mai (qui n’est pas férié), ils ont débrayé pour exiger « la fin immédiate de la guerre et de l’occupation en Irak et en Afghanistan et le retrait des troupes américaines du Moyen-Orient ». Malgré les menaces du patronat portuaire, pendant huit heures, les vingt-neuf ports de la côte Ouest ont été paralysés par 6 000 dockers du service de jour. Ce n’est pas la première fois que les affiliés de l’ILWU s’illustrent par leur combativité et leur sens de la solidarité. Deux exemples parmi d’autres : en 1978, ils refusaient d’embarquer des cargaisons d’armes à destination du Chili de Pinochet ; et le 24 avril 1999, ils faisaient huit heures de grève pour demander la libération de Mumia Abu Jamal. L’ILWU, c’est un peu le cuirassé Potemkine au pays du Ku Klux Klan et du maccarthisme. Si l’ensemble du mouvement ouvrier américain suivait son exemple, l’Empire n’en aurait plus pour longtemps.

Article publié dans CQFD n° 56, mai 2008

 
 
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… DE LA DÉMOCRATURE

« La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif. Le choix entre ces deux méthodes de faire la loi, n’est pas douteux parmi nous.D’abord, la très grande pluralité de nos concitoyens n’a ni assez d’instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. »
ABBÉ SIEYÈS, DISCOURS À L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE, 07/09/1789