AGENDA CQFD • Copinage éhonté
Not’camarade Jann-Marc Rouillan raconte ses
mois de détention aux Baumettes
dans Paul des épinettes et moi, sur la
maladie et la mort en prison (chez
Agone). N’hésitez pas, c’est bon comme
une chronique carcérale.
• Dans la presse
Bienvenue à Kamikaze, « le journal qui va se casser
la gueule ». Mais avant ça, vous pourrez
y découvrir nombre de beaux mickeys
rigolos crobardés par nos collègues dessinateurs.
Tous les mois en kiosques. Lisez aussi Le Postillon n°5 à Grenoble
et La Brique n°20 à Lille, d’ac’ ?
• Technique de survie
La Coordination des intermittents et précaires
d’Île-de-France est en passe
d’être expulsée par la mairie de Paris
qui voudrait installer à la place des
beaux bureaux et des logements
privés. Pas d’expulsion sans relogement
correct, sinon on récupère le
« 104 » rue d’Aubervilliers !
Pétition sur http://www.cip-idf.org.
• Gaffe !
Le réseau Grappe est un réseau d’assos étudiantes
« qui se situe dans un vaste mouvement
de pensée anticapitaliste, antiproductiviste
et antiautoritariste ». Il ne fait pas
que se situer etorganise aussi, sur les facs
de Montpellier, Rennes, Nantes,
Perpignan, Pau, Tours, Avignon, Toulouse,
Strasbourg et Dijon, du 6 au 28 mars, sa
« Semaine de l’environnement ».Au programme
« Luttes paysannes », « Habitat
autonome » et « Critique du progrès technique
». Pour plus de détails, fouinez.
• Coucou, c’est nous !
Not’Gilles Lucas sera le 18 février à Grenoble aux
Bas Côtés, 59, rue Nicolas-Chorier à 20h
pour vous dévoiler les arcanes de CQFD,
à vous, chers lecteurs. Ça va croustiller !
o-OO-o
ÇA BRÛLE ! La suite !
Nous avons vraiment eu chaud. À la tête d’un (tout petit) matelas de monnaie, qu’on était… Au risque de choper une mentalité de rentiers, avec les quelques centaines d’euros de salaire que nous arrivions, vaille que vaille, à nous refiler chaque mois. Patatras ! La litière a gravement cramé. Nos compétences dans le domaine du marketing auront encore une fois fait leurs preuves. Hors-série Photo ? « Repli stratégique », comme on dit après une branlée en rase campagne (lire page 16)…
Acrobates que nous sommes, nous avons balancé dans la sciure les légers contrepoids qui nous permettaient de garder plus ou moins l’équilibre. Mais… Mais le fil est toujours là, et nous avons encore les pieds dessus. Parce qu’ils croient quoi, les puissants ? Que nous allions nous coucher sous prétexte d’avoir les mêmes soucis que tout le monde ? Ô que non ! Nous allons continuer à « mordre et tenir ». En premier lieu, nous lançons une grande campagne de concerts de soutien de par l’Hexagone. Alors, si ça vous dit de faire chauffer le dance floor par chez vous pour les beaux yeux de votre toutou préféré, n’hésitez pas à nous contacter ! Par ailleurs, nous préparons un recueil Sauvage de notre cher camarade Rémi, publication pour laquelle nous lançons une souscription (lire page 16 aussi). Et nous mitonnons d’autres projets aussi
incroyables que promis au succès. Rigolez pas ! Le plaisir et l’envie sont toujours là, ne manque que la thune. Tout pareil que chez vous, amies et amis, lectrices et lecteurs.
VOUS SOUVENEZ-VOUS DE L’ÉDITO de notre hors-série
photo ?
Ha ben non, évidemment, vous ne pouvez pas savoir. Il est intitulé « Une erreur dans le paysage », et l’ouvrage y est décrit comme « le fruit du plaisir que nous avons à explorer de nouvelles pistes, à tenter une percée dans des territoires où ni les amis, ni les ennemis ne nous attendaient ».
Voilà.
Effectivement.
C’est tout à fait ça.
Ni amis, ni ennemis…
Du coup, pas grand monde n’est venu.
Nous avons reçu dernièrement les chiffres des
ventes en kiosques. Par pudeur, nous n’en dirons
point davantage. La « percée » vers d’autres
« territoires », où batifolent forcément –forcément !–
de nouveaux lecteurs s’est évanouie
dans le paysage.
Il est comme ça, André Gerin, député PCF du Rhône et ancien maire de Vénissieux : il lui est insupportable de dégoter un poil de barbe sur le rebord immaculé de sa cervelle de canut. Enfin, ça dépend : si l’intrus provenait du menton du camarade Vladimir Illich, passe encore. Mais s’il a pour origine le système pileux d’un « gourou » islamique, d’un « taliban » des cités, comme Dédé-le-rouge se plait à les nommer, alors l’attentat folliculaire lui déclenche illico une crise de « commission d’enquête sur le port de la burqa ».
Datant du mois de juin dernier, la dernière rechute de ce coco orthodoxe à la coupe de douilles Kim Jong-ilienne a empli d’allégresse Nicolas Sarkozy et ses mastards du gouvernement qui, depuis des années, s’évertuent à faire émerger un bouc émissaire de qualité en ces temps de crise infinie. « La burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République française », s’empressait de déclarer (...)
ENTRETIEN AVEC GIDEON LEVY, JOURNALISTE ISRAÉLIEN INDÉPENDANT
UN TÉMOIN LIBÉRÉ DE L’AUTOCENSURE
CQFD : Gideon Levy, vos articles dépeignent l’occupation israélienne sans concession. Cela affecte-t-il vos rapports avec le reste de la rédaction de Haaretz, le quotidien qui publie vos chroniques ? Êtes-vous critiqué par vos confrères ? Subissez-vous une quelconque censure ?
Gideon Levy : Je vais vous raconter une anecdote
assez significative. Au journal, nous avons une
machine à expresso. De temps en temps, je vais
me faire un petit café et dans le placard où sont
rangées les capsules, j’ai trouvé plusieurs dossiers.
Le plus épais d’entre eux portait l’intitulé
« Gideon Levy, annulation d’abonnements » ! Je
suis en fait très fier d’écrire pour Haaretz, qui m’a
toujours soutenu. J’interviens aussi dans une
émission télévisée hebdomadaire qui ne vise qu’à
montrer une chose : Israël est une véritable démocratie
– mais uniquement pour ses citoyens juifs.
J’ai la chance d’en être, donc, en tant que journaliste
juif, j’ai toute liberté. Il n’y a pas de censure
gouvernementale. Pourtant la censure
assurément existe – sous la forme beaucoup plus
insidieuse de l’autocensure. Contre la censure
d’État, il y a toujours une résistance possible, mais
si c’est une censure volontaire, c’est plus difficile.
Lire la suite de l’entretien dans CQFD n°75, février 2010, actuellement en kiosques.
MORCEAUX VOLÉS jusqu’à la prochaine partie de plaisir… 21 mars 2009
Peut-être leur demandera-t-on des comptes, à ces analystes
qui siégeaient dans les studios de la radio et de la télévision et dans
les salles de rédaction. Ah ! les analystes, les fameux analystes,
enthousiastes et va-t-en-guerre, comme ils ont encouragé, incité,
pressé et applaudi ! Ils en redemandaient de cette guerre. Il fallait
frapper plus fort, aller plus loin, tuer et détruire davantage.
Pendant des mois, ils ont piaffé d’impatience pour qu’on engage
enfin “l’opération d’envergure” qu’ils appelaient de tous leurs
vœux et qui, lorsqu’elle s’est concrétisée, leur a fait pousser des cris
d’encouragement et des sifflements d’admiration. Il ne faut pas
sous-estimer l’influence qu’a pu avoir leur attitude.Face au vide,
face à des politiciens malléables, ils ont pesé de tout leur poids.
L’écho de leur voix a résonné dans le pays : il faut frapper un
bon coup ! Ils ont décrété qu’il n’y avait pas de guerre plus réussie
ni plus juste. Ils ont décrit avec enthousiasme des avancées militaires
qualifiées de géniales, et passé volontairement les atrocités
sous silence. Ils ont fait passer pour une guerre une attaque
débridée contre des ennemis sans combattants. Pour eux,
l’avancée de forces qui ne rencontraient aucune résistance était
un combat, et des manœuvres militaires effectuées sur le dos d’une
population civile impuissante, un succès. »
GIDEON LEVY, Gaza, articles pour Haaretz, 2006-2009,
La Fabrique, 2009.
DÉONTOLOGIE
Dénonçons, avec Pujadas, « le
journalisme des bons sentiments »,
qui veut que, « par définition, le
faible a toujours raison contre le
fort, le salarié contre l’entreprise,
l’administré contre l’État » (Arte,
09/02/10) et rétablissons la vérité :
la direction d’ERDF a bien eu raison
de mettre à pied un de ses salariés,
coupable d’avoir rétabli le courant à
des Rmistes. Il s’agit en effet « de
procédures illégales, qui peuvent
s’avérer dangereuses si elles sont
réalisées dans de mauvaises
conditions » (Libé, 22/01/10). Par
conséquent, 21 jours au chômage
technique, c’est pas cher payé pour
avoir mis en danger un couple (et sa
petite fille de 2 ans) ayant oublié
d’honorer ses factures. Balançons
donc Dominique Liot, cet infâme
agent et membre du collectif CGT
« Robin des Bois ». Le journalisme
des bons sentiments ne passera pas.
« PUISSANTE, SÛRE ET PERFORMANTE »
Non, il ne s’agit pas d’une grosse
berline pour blaireaux mais de
l’énergie nucléaire vue par son
promoteur, EDF. Qui a oublié (parmi
d’autres) l’adjectif « chérot » : ainsi,
l’arrêt pendant près de cinq mois du
réacteur1 de la centrale nucléaire de
Flamanville (Manche), pour divers
pépins, a coûté plus de 22 millions
d’euros, a indiqué la direction,
début février. Le réacteur EPR en
construction au même endroit est
estimé à 4milliards d’euros et la
commercialisation de l’électricité
produite a été repoussée à 2013 au
lieu de 2012. RMistes, pensez à payer
vos factures, va falloir renflouer les
caisses !
HUMANISME
À Calais, Éric Besson, ministre du
Débat sur l’identité nationale, a
identifié dans le hangar évacué par
la police le 7 février « un lieu qui
servirait de base arrière aux filières
mafieuses de l’immigration
clandestine ». De plus, les normes
sanitaires n’y étaient pas
respectées… Les migrants qui y
étaient accueillis ont donc été
invités à aller se laver les dents
ailleurs et douze militants de
NoBorder ont été interpellés.
Sud Éducation note que le hangar
a été loué par l’association
SOS soutien ô sans papiers, en lien
avec le réseau No Border, afin d’en
faire « un lieu de débats, de lutte, de
résistance, de solidarité, de
création… » En toute bonne foi,
Besson avait cru lire « un nouveau
Sangatte ». Dont acte.
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d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que
grâce aux ventes en kiosque
et aux abonnements. SANS PAPIER, PAS D'OCTETS ! Âmes généreuses,
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sous SPIP avec des logiciels libres (GNU)
par : Juan
Rodriguez et Gilles Klein |
…DE LA FRANÇAFRIQUE SAUCE SARKOZY
« La relation entre la France et l’Afrique doit être plus
transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux
d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont
d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement
normal des institutions politiques et diplomatiques
doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont
fait tant de mal par le passé. » NICOLAS SARKOZY,
DISCOURS À COTONOU, 19 MAI 2006